Lorsqu’on se lance en freelance, on pense à trouver ses premiers clients, fixer ses tarifs, gérer son quotidien… et la retraite ? Souvent reléguée au second plan, elle soulève pourtant de vraies questions : vais-je toucher une pension ? Est-ce que je cotise automatiquement ? Dois-je anticiper dès maintenant ?
Spoiler : oui.
En France, la retraite repose sur trois grands piliers. Deux sont obligatoires — ils s’appliquent automatiquement dès que vous déclarez une activité professionnelle. Le troisième, lui, est facultatif mais fortement recommandé : c’est celui que vous construisez vous-même, en épargnant et en investissant pour votre avenir.
Pour y voir plus clair, voici un article simple et concret pour comprendre comment se construit votre retraite en freelance.
Le régime général : la retraite par répartition
Le régime général, c’est le socle de votre future retraite. Il s’applique à tous les actifs en France, quels que soient leur statut ou leur activité, et repose sur un principe fondamental : la répartition. Concrètement, cela signifie que les cotisations versées par les actifs aujourd’hui servent directement à payer les pensions des retraités actuels. Ce système solidaire est géré par la Sécurité Sociale.
En freelance, vous cotisez au régime général dès lors que vous déclarez un chiffre d’affaires ou un revenu minimum. Vos droits à la retraite sont comptabilisés en trimestres validés. En 2025, vous validez un trimestre dès lors que vous avez perçu 1 782 € brut de revenu annuel, dans la limite de 4 trimestres maximum par an.
Pour toucher une retraite de base complète, vous devez valider un certain nombre de trimestres au cours de votre carrière. En 2025, il faut 172 trimestres, soit 43 ans d’activité. Vous pouvez partir à la retraite à 64 ans si vous avez réuni tous vos trimestres, ou à 67 ans pour bénéficier automatiquement du taux plein (le taux maximal de calcul de votre pension, fixé à 50 % du revenu de référence).
Le montant de votre retraite de base dépendra donc :
• du nombre de trimestres validés,
• du montant de vos revenus annuels,
• et de la moyenne de vos 25 meilleures années de revenu.
➡️ À noter : tous les statuts que vous avez exercés comptent, que vous ayez été salarié, freelance, ou les deux à différents moments de votre vie.
Le régime complémentaire obligatoire : la retraite par points
En plus du régime général, vous cotisez également à un régime complémentaire obligatoire, selon votre statut (SASU, EURL, micro,…). Ce deuxième pilier fonctionne différemment : ici, les droits sont acquis en points et non en trimestres.
Chaque euro cotisé vous permet d’acheter un certain nombre de points de retraite. Au moment de votre départ en retraite, le total de vos points est converti en pension mensuelle, selon la valeur du point en vigueur à ce moment-là. C’est un fonctionnement plus proportionnel : plus vous cotisez, plus vous accumulez de points — et donc plus votre retraite complémentaire sera élevée.
Pour les freelances, le régime dépend de la nature de votre activité :
Si vous êtes travailleur indépendant (TNS) (en EI, EURL, EIRL…), vous cotisez automatiquement au régime complémentaire des indépendants, aujourd’hui géré par la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants, intégrée au régime général).
Si vous êtes micro-entrepreneur, vous cotisez également à un régime complémentaire. Toutefois, attention : si vous avez exercé une activité libérale non réglementée entre janvier 2018 et juillet 2024, vous n’avez pas cotisé à une retraite complémentaire obligatoire pendant cette période.
Si vous êtes en portage salarial ou que vous exercez en SASU et que vous vous versez un salaire, vous êtes assimilé salarié. Cela signifie que vous cotisez au même régime que les salariés classiques : régime général + complémentaire Agirc-Arrco.
Attention : vous cotisez à condition de vous verser un véritable salaire, et pas uniquement des dividendes (qui ne génèrent aucun droit à la retraite).
La retraite par capitalisation : épargner pour compléter
Contrairement aux deux premiers régimes, la retraite par capitalisation n’est pas automatique. Il s’agit d’un choix personnel : celui de mettre en place une stratégie d’épargne et d’investissement pour compléter vos revenus futurs.
Pourquoi c’est important ? En freelance, vos revenus peuvent être irréguliers et vos cotisations parfois moins élevées que celles d’un salarié, ce qui peut engendrer une pension de retraite plus faible ou moins de trimestres validés. La capitalisation vous permet donc de créer votre propre complément de revenu, que vous retrouverez au moment de la retraite.
La solution la plus connue : le PER (Plan Épargne Retraite). Ce produit vous permet d’épargner à votre rythme, en bénéficiant d’avantages fiscaux intéressants (notamment la déduction des versements de vos revenus imposables). Vous pouvez utiliser le simulateur retraite gratuit de Caravel pour découvrir combien vous pourriez toucher à la retraite.
Nous pensons que cette troisième brique est incontournable pour les freelances qui veulent sécuriser leur avenir sans dépendre uniquement des régimes obligatoires. C’est aussi un excellent levier pour aligner votre épargne avec vos valeurs, en choisissant des supports éthiques, transparents et responsables.
En tant que freelance, votre retraite se construit sur trois piliers : la retraite de base (trimestres), la complémentaire (points) et la capitalisation (épargne personnelle). Les deux premiers sont obligatoires et dépendent de votre statut, le troisième est facultatif… mais c’est celui sur lequel vous avez le plus de pouvoir.
Plus vous vous y prenez tôt, plus vous maximisez votre capacité à compenser une éventuelle perte de revenu à la retraite. Et surtout, vous gagnez en autonomie, en visibilité… et en tranquillité d’esprit.